Charrette de design inclusif: Concevoir le futur de la réadaptation inclusive | Appel à participation
APPEL À PARTICIPATION
Charrette de design inclusif
Concevoir le futur de la réadaptation inclusive
Conception d’un nouveau centre d’enseignement, de recherche et d’intervention en réadaptation visuelle
3 500 $ en prix à gagner + prix de participation

Pourquoi ce projet ?
Les environnements de soins, de recherche et d’enseignement demeurent largement conçus selon des logiques fonctionnelles. Cette charrette invite les étudiantes et étudiants à imaginer une nouvelle génération d’environnements où apprentissage, recherche, réadaptation visuelle, innovation et participation citoyenne se rencontrent.
Présentation du projet et contexte
L’École d’optométrie et la Faculté de l’aménagement et de l’Université de Montréal invitent les étudiantes et étudiants à participer à une charrette de design inclusif visant à imaginer un centre d’excellence en réadaptation visuelle unique en Amérique du Nord. Ce centre réunira usagers, patients, cliniciens, intervenants, étudiants, professeurs et chercheurs autour d’une même mission : favoriser la participation sociale et la qualité de vie des personnes vivant avec une basse vision ou une cécité.
Le centre sera situé au 6e étage de l’École d’optométrie, et sa construction est prévue en 2027.
L’ensemble des espaces du centre combineront simultanément trois fonctions complémentaires : enseignement, recherche et intervention.
1. Enseignement
Les spécialistes en orientation et mobilité, en basse vision et en réadaptation en déficience visuelle, les étudiants en optométrie et les résidents en basse vision sont formés par les membres du corps professoral de l’École d’optométrie pour travailler dans les centres de réadaptation visuelle au Québec et ailleurs dans le monde. Ce centre permettra de concentrer l’enseignement et d’offrir des espaces adaptés pour former les futurs intervenants aux nouvelles technologies et aux stratégies novatrices en réadaptation visuelle. Le centre inclut notamment l’aménagement d’un appartement (incluant cuisine et salon) pour l’enseignement des activités de la vie quotidienne, d’une salle de mobilité pour l’apprentissage des stratégies et innovations liées aux déplacements et à l’orientation, ainsi qu’un espace laboratoire dédié à la formation universitaire et continue dédiée aux aides optiques, électroniques, informatiques et braille.
2. Recherche
L’équipe qui œuvrera dans le centre est composée de plusieurs chercheurs reconnus internationalement en réadaptation visuelle. Nos spécialités incluent :
• l’orientation et la mobilité,
• les technologies d’assistance,
• l’employabilité
• l’insertion sociale
• l’accessibilité physique et virtuelle
• la vision fonctionnelle des personnes vivant avec une basse vision
• les réalités psychosociales vécues par les personnes ayant une basse vision, une cécité ou une double déficience sensorielle (surdicécité).
• le braille et la communication informatique
Les projets de recherche clinique appliquée du centre visent à favoriser la participation des personnes ayant une déficience visuelle dans leur vie quotidienne et dans la société.
La collecte de données passives sera assurée au moyen de caméras et de capteurs situés à des endroits précis des différents espaces du centre. Des collaborateurs de l’École d’optométrie rattachés à l’École de technologie supérieure (ÉTS) (ingénieurs et programmeurs en IA) ont développé des algorithmes permettant d’analyser les scènes captées par ces systèmes. Ces données fourniront des informations sur la démarche, la posture, les interactions sociales, les gestes de préhension, etc. Une salle vide servira également d’espace de recherche pour projeter des environnements virtuels sur les murs, où les participants réaliseront des tâches simulées (p. ex. naviguer dans un couloir, chercher un item à l’épicerie). Le laboratoire pourra également nous permettre la collecte de données de recherche sur les activités de la vie quotidienne dans l’espace appartement (gestes, stratégies, éclairage, coordination œil-main…), ainsi qu’au sein de l’espace des aides optiques, électroniques, informatiques et braille où des mesures de fonctions visuelles, de motilités oculaires, de littératie seront prises.
3. Intervention
Le centre collabore avec l’Institut Nazareth et Louis-Braille du CISSS de la Montérégie-Centre, le Centre de réadaptation Lethbridge-Layton-Mackay du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’ Île-de-Montréal, tous deux membres du Centre de recherche interdisciplinaire en réadaptation du Montréal métropolitain (CRIR), ainsi qu’avec divers organismes et associations en réadaptation visuelle. Le centre vise un engagement actif auprès des personnes ayant une basse vision ou une cécité afin d’améliorer leur qualité de vie et leur participation sociale.
Objectif de la charrette
Développer des propositions innovantes, inclusives et accessibles pour l’aménagement d’un centre multifonctionnel intégrant trois missions complémentaires : enseignement, recherche et intervention.
Il ne s’agit pas seulement d’aménager un laboratoire fonctionnel : au-delà de la résolution fonctionnelle, ce concours vise une intégration exemplaire entre ces trois missions. Il s’agit d’une occasion de proposer une vision architecturale innovante pour un centre d’excellence unique en Amérique du Nord, dans le respect de sa mission clinique de réadaptation en déficience visuelle.
Question centrale du concours
Comment un même lieu peut-il accueillir, sans les opposer, des activités de recherche instrumentée, d’intervention clinique et d’enseignement, tout en demeurant un environnement rassurant, accessible et compréhensible pour des personnes ayant une déficience visuelle ?
Défis de design
• Assurer l’accessibilité universelle du lieu et une navigation intuitive pour des personnes ayant peu ou pas de vision, et ce dès l’arrivée au bâtiment de l’École d’optométrie.
• Démontrer que les espaces demeurent utilisables et accueillants pour des personnes présentant d’autres réalités (auditive, motrice, cognitive, surdicécité, comorbidités), sans multiplier les dispositifs spécialisés indépendants pour chaque clientèle.
• Concevoir des environnements sécuritaires pour des activités de recherche, d’enseignement et d’intervention, avec un accès rapide aux intervenants en cas d’incident.
• Intégrer des dispositifs de simulation de surfaces extérieures modulables et durables permettant de reproduire l’expérience de divers environnements (textures, couleurs, éclairages).
• Favoriser la collaboration interdisciplinaire et la visibilité des retombées de la recherche.
• Soutenir la formation continue et l’accueil de publics variés (incluant groupes de soutien et pairs aidants).
Programme spatial (environ 275 m² / espace programmé, excluant les espaces de circulation)
• Appartement (65 m²) : Espace accessible pour les activités d’enseignement, d’intervention et de recherche en réadaptation visuelle. Il devrait reproduire les principales fonctions d’un logement de type studio, notamment une cuisine, un salon, une chambre sans lit, mais comprenant les composants d’une chambre (commode, tiroirs, miroir, garde-robe, lampe).
• Salle de mobilité (60 m²) : Espace multifonctionnel et modulable avec simulations de terrains extérieurs (matériaux : asphalte, brique, gravier, etc. / transitions : pentes, dénivelés, etc.) et poste d’observation pour évaluer les déplacements. Sa configuration devrait pouvoir évoluer selon les besoins et les financements futurs.
• Espace de technologies d’assistance (30 m²) : Espace dédié à l’enseignement et à l’essai de technologies d’assistance (loupes, télévisionneuses, lunettes intelligentes, applications mobiles, etc.).
• Espace de réalité virtuelle (60 m²) : Espace multifonctionnel permettant de simuler des environnements virtuels grâce à des projecteurs et capteurs, afin d’évaluer les comportements dans des tâches immersives.
• Bureaux professoraux (environ 50 m²) : Cinq bureaux individuels, d’une superficie minimale de 10 m² chacun, devront être prévus.
• Espaces de soutien (10 m²) : Des espaces de rangement devront être intégrés pour le matériel, les accessoires et les équipements utilisés dans les activités d’enseignement et de recherche. Un espace adéquat devra également être prévu pour les serveurs et les infrastructures nécessaires au fonctionnement des outils technologiques.
• Corridor actif : Le corridor pourrait être envisagé non seulement comme un espace de circulation, mais également comme un espace pouvant contribuer aux activités d’enseignement et de recherche. L’ajout d’accessoires, d’obstacles, de repères ou de dispositifs modulables pourrait permettre d’y créer différents parcours, défis et mises en situation à des fins d’expérimentation et d’évaluation.
Les relations spatiales entre ces fonctions (adjacences, seuils, circulations partagées, visibilité) peuvent être explorées de façon créative. Les propositions ne sont pas tenues de traiter ces espaces comme quatre pièces cloisonnées. Elles devraient plutôt favoriser la modularité, l’adaptabilité et l’évolution des usages. L’ensemble du projet sera un environnement contrôlé avec accès limité.
Approche par parcours d’usagers
Les équipes sont invitées à construire leur proposition autour de quelques parcours d’usagers représentatifs, par exemple, entre autres :
• une personne nouvellement devenue malvoyante, qui découvre le centre seule pour la première fois ;
• un enfant accompagné de ses parents ;
• un chercheur qui instrumente une expérimentation ;
• un étudiant en formation qui découvre les technologies d’assistance.
Pour chaque parcours, les équipes sont invitées à considérer l’expérience vécue (orientation, confiance, autonomie, curiosité, anxiété) comme un moteur de leurs choix de conception, et à illustrer comment les usagers peuvent devenir des acteurs du lieu (annotation de leur expérience, rétroaction, exposition des prototypes, espaces de co-design) plutôt que de simples bénéficiaires.
Usagers à considérer
• Les espaces accueilleront des usagers-cibles diversifiés, incluant :
• Personnes vivant avec une basse vision ou une cécité
• Personnes ayant des comorbidités associées à une déficience visuelle
• Personnes vivant avec une déficience auditive et/ou une surdicécité et/ou un déficit cognitif
• Personnes à mobilité réduite
• Enfants, étudiants, adultes et aînés
• Cliniciens, intervenants, chercheurs et personnel enseignant
Notre conception du design inclusif
Appliqué à ce centre de réadaptation visuelle, le design inclusif est envisagé comme une démarche de conception qui crée des environnements utilisables, compréhensibles, accueillants et stimulants pour la plus grande diversité de personnes possible (incluant les réalités auditives, motrices et cognitives associées à la déficience visuelle) tout en renforçant l’autonomie, la dignité et la participation.
Principes directeurs de conception
Nous attendons des propositions ambitieuses, innovantes et capables de remettre en question les modèles conventionnels du laboratoire, de la clinique et de la salle d’enseignement. Les propositions devraient démontrer comment l’architecture peut :
• être pensée pour des personnes ayant une déficience visuelle ;
• favoriser l’autonomie plutôt que la compensation ;
• rendre perceptibles les espaces par plusieurs modalités sensorielles ;
• permettre l’évolution des technologies au fil du temps ;
• soutenir simultanément recherche, intervention et enseignement ;
• offrir une expérience digne, rassurante et stimulante pour des personnes ayant des capacités sensorielles ou motrices diverses ;
• devenir un démonstrateur du design inclusif au Québec et à l’international.
Livrables
La proposition doit être présentée sur une seule affiche (A1 en format horizontal) et doit inclure :
• une ou plusieurs vues d’ensemble illustrant l’ambiance recherchée, accompagnées d’un texte explicatif ;
• une ou plusieurs axonométries précisant la répartition des fonctions, dispositifs et espaces ;
• un ou plusieurs parcours d’usagers démontrant les solutions aux enjeux d’inclusion et d’accessibilité, accompagnés d’un texte explicatif ;
• tout élément nécessaire à la bonne compréhension du projet (textes, diagrammes, etc.).
Critères d’évaluation
• qualité architecturale ;
• qualité des expériences usagers (incluant chercheurs) ;
• réponse aux défis vécus par les personnes ayant une déficience visuelle ;
• innovation ;
• faisabilité et potentiel de réalisation ;
• intégration du design inclusif au-delà de la seule déficience visuelle ;
• flexibilité du programme proposé ;
• qualité de la représentation graphique.
Modalités et calendrier
• Durée et format de la charrette : La charrette aura lieu du 11 au 13 septembre 2026. Le lancement aura lieu à l’École d’optométrie (3744 Jean-Brillant), le vendredi 11 septembre, à 13 h, dans la salle 6450, et inclura une explication des attentes, une formation sur les principes du design inclusif, ainsi que la visite des lieux. https://opto.umontreal.ca/accueil/
• Accompagnement pendant la charrette : La consultation ponctuelle d’une experte en design inclusif sera possible pendant la durée de la charrette, sur rendez-vous.
• Date limite pour l’inscription : 10 septembre 2026, 17 h
• Date limite de dépôt : 13 septembre 2026, 23 h 59
• Annonce des résultats : Lors d’un vernissage, date à venir
• Composition du jury : trois professeurs de la faculté et deux représentants de l’école d’optométrie
• Programmes et cycles admissibles : La charrette est ouverte à tous les étudiants.es inscrits.es dans un programme de la Faculté de l’aménagement lors de l’année scolaire 2026-2027. La participation doit obligatoirement se faire en équipe multidisciplinaire et donc inclure au minimum deux membres, chacun.e étant inscrit dans un programme d’une discipline différente de la Faculté (architecture, architecture de paysage, design de jeux, design industriel, design d’intérieur, urbanisme).
• Prix à gagner : trois prix totalisant 3 500 $
o 1er prix : 2 000 $
o 2e prix : 1 000 $
o 3e prix : 500 $
• Prix de participation : Chaque équipe multidisciplinaire présentant une proposition recevable aura droit à un prix de participation qui sera versé sous la forme d’une carte cadeau à la Libraire de l’UdM.
• Modalités de dépôt : Envoi par courriel à catherine.jacques.3@umontreal.ca
• Personne-ressource : Catherine Jacques
Pourquoi participer ?
• Contribuer à un projet institutionnel majeur et socialement transformateur : un espace unique au Canada et en Amérique du Nord.
• Explorer les enjeux du design inclusif dans un contexte réel et complexe.
• Collaborer avec des experts en réadaptation visuelle, en technologies d’assistance et en accessibilité.
• Courir la chance de remporter une partie des 3 500 $ en bourses et une carte-cadeau par équipe participante qui remettra une proposition recevable.
INSCRIPTION