Séminaire Phyllis Lambert 2026
Faire avec l’instabilité : nouveaux modes d’existence de l’architecture
Séminaire international Phyllis Lambert 2026
École d’architecture, Université de Montréal

Date: le samedi 3 octobre 2026
Heure: De 9 h à 19 h
Lieu: Amphithéâtre 1120, Pavillon de la Faculté de l'aménagement UdeM
L’incertitude figure parmi les seules certitudes de la vie et nous ne pouvons pas échapper à l’intense instabilité de nos milieux contemporains. L’imprévisibilité du climat, les nuances sociales et culturelles, l’agencement de forces au-delà de l’humain et pratiques adaptatives informelles, dessinent une cartographie d’actions qui tracent les limites et les champs d’intervention des architectes et de la discipline. L’instabilité fait reconnaitre que l’existence n’est jamais fixe, mais qu’elle se déploie dans des registres multiples et changeants – une sensibilité déjà anticipée dans Les différents modes d’existence (1943) explorés par Etienne Souriau, professeur et philosophe de l’esthétique, redécouverts par Isabelle Stengers et Bruno Latour. L’idée posait la question suivante : « y a-t-il plusieurs manières d’exister ? » L’une des conclusions proposait que l’existence ne se retrouve pas uniquement dans les êtres, mais entre les êtres, et que pour exister, chaque mode dépend de ses facteurs spécifiques de réalité. Que l’existence est plurimodale. Que différents modes d’existence peuvent être pensés, imaginés et combinés. L’idée sera reprise par le philosophe Gilbert Simondon, pour parler Du mode d’existence des objets techniques, qui interviennent comme médiateurs entre l’humain et le monde, à des points-clefs, « ces lieux et ces moments [qui] détiennent, concentrent, et expriment les forces contenues dans le fond de réalité qui les supportent ». L’instabilité elle-même génère des intensités localisées – des moments où des forces s’accumulent et requièrent une médiation. Face à la démultiplication des bouleversements écologiques, politiques et culturels, la notion de points-clefs peut-elle nous aider à mieux imaginer les tactiques architecturales dans des réalités complexes, à des points et moments précis ? En ce sens, l’instabilité ne s’oppose pas au projet d’architecture ; elle produit les conditions mêmes dans lesquelles ses intervenions deviennent d’autant plus nécessaires et efficaces.
Le Séminaire international Phyllis Lambert 2026 invite à accepter l'instabilité comme moyen de concevoir l'architecture. Il invite à remettre en question les certitudes génériques de l’architecture et en revanche, à explorer ses instables modes d’existence, sur toutes les pratiques expérimentales du quotidien à travers la narration, le bricolage et la recherche subjective. L’architecture devrait embrasser les fluctuations et surmonter les inconvénients allant au-delà de la société de services et de commodités, et explorer des alternatives pragmatiques intégrées aux communautés et écologies. Rejoignez-nous pour imaginer de nouveaux modes qui saisissent l’instabilité comme possibilité d’exister.
Conception et organisation : Alice Covatta et Stephan Kowal
Emplacement : Amphithéâtre 1120, Pavillon de l'aménagement UdeM